Gratification de Performance de l’INSS : La SCJ du STF Vote Contre le Paiement aux Inactifs

Gratification de Performance aux Inactifs de l’INSS : La Ministre Cármen Lúcia Vote Contre au STF
Dans un jugement d’une grande importance pour les fonctionnaires fédéraux retraités, la ministre Cármen Lúcia, du Tribunal Suprême Fédéral (STF), a rendu un vote défavorable au paiement intégral de la Gratification de Performance de l’Activité de Sécurité Sociale (GDASS) aux fonctionnaires inactifs de l’Institut National de la Sécurité Sociale (INSS). La décision, qui fait partie d’un processus qui promet de définir les critères d’extension des gratifications aux retraités, souligne la distinction entre les gratifications à caractère général et celles liées à la performance individuelle.
Le jugement, qui a débuté en Plénière Virtuelle – un environnement de vote électronique du STF – le 9 février 2026, avec une prévision de clôture pour la même semaine, aborde un thème complexe qui suscite une grande attente parmi les bénéficiaires et le gouvernement, en raison de ses implications financières et juridiques.
Le Contexte de la GDASS et la Question de la Parité
La discussion centrale porte sur la GDASS, une gratification créée pour les fonctionnaires actifs de l’INSS sur la base d’objectifs de performance institutionnelle et individuelle. La controverse survient lorsqu’il s’agit d’étendre cet avantage aux fonctionnaires retraités. Historiquement, le principe de parité entre les fonctionnaires actifs et inactifs garantissait que les réajustements et les gratifications accordés aux premiers étaient automatiquement étendus aux seconds. Cependant, cette parité a fait l’objet d’une réinterprétation, notamment lorsqu’il s’agit de gratifications qui, par essence, dépendent de l’évaluation des performances.
Dans le cas en question, la ministre Cármen Lúcia a fait valoir que la modification du score de performance individuelle par un arrêté ministériel ne transforme pas la gratification en un avantage de caractère général, ce qui serait le seul scénario dans lequel les inactifs auraient droit à l’intégralité. Son analyse s’est concentrée sur la nature de la gratification et les critères spécifiques qui la définissent.
L’Argumentation de la Ministre Cármen Lúcia
La ministre a souligné que la loi n° 11.784/2008, en réglementant la GDASS, établit un système de points basé sur deux piliers :
- Évaluation de la Performance Institutionnelle : Liée à l’atteinte des objectifs de l’organisme ;
- Évaluation de la Performance Individuelle : Liée à la performance particulière de chaque fonctionnaire.
Pour les fonctionnaires actifs, ces deux composantes totalisent jusqu’à 100 points. Pour les inactifs, la loi prévoyait initialement un paiement en valeur fixe, équivalent à 50 points, jusqu’à ce que les critères d’évaluation soient établis et que les premiers résultats soient traités.
Le point nodal de son vote a été la compréhension que l’équivalence du score individuel de 20 points à 80 points, réalisée par des arrêtés ministériels (comme l’Arrêté n° 1.341 de 2011), n’a pas dénaturé la nature de la gratification. Cette modification, selon la ministre, visait uniquement à compléter le score minimum pour les actifs pendant que le système d’évaluation était amélioré.
“La modification de la formule de calcul de la gratification par un arrêté ministériel n’écarte pas la nature de performance individuelle qu’elle possède, empêchant ainsi son extension aux inactifs et aux retraités dans son intégralité”, a affirmé Cármen Lúcia.
Cette interprétation est cruciale car, si la gratification était considérée comme étant de caractère général (sans lien avec la performance), la jurisprudence du STF déjà consolidée (thème 150 de Répercussion Générale) déterminerait l’extension du paiement intégral aux inactifs et aux retraités.
Précédents et la Pertinence du Thème 150 de Répercussion Générale
Il est fondamental de comprendre le Thème 150 de la Répercussion Générale du STF, qui établit que les gratifications de performance accordées aux fonctionnaires actifs ne sont extensibles aux inactifs et aux retraités dans leur totalité que si elles perdent leur caractère de performance et sont payées de manière linéaire et générale à tous les fonctionnaires actifs, sans distinction d’évaluation. Le vote de la ministre Cármen Lúcia s’aligne sur cette compréhension, arguant que les arrêtés ministériels n’ont pas transformé la GDASS en une gratification générale pour les actifs.
Historiquement, le STF a adopté la ligne suivante :
- Lorsqu’une gratification de performance est instituée et qu’il n’y a pas encore de processus d’évaluation des actifs, ou lorsque l’évaluation est simplement formelle, sans distinction de mérite, elle est considérée comme étant de nature générale et doit être payée intégralement aux inactifs.
- Cependant, une fois mis en œuvre le système d’évaluation individuelle et institutionnelle, qui différencie réellement la performance des fonctionnaires actifs, la gratification reprend son caractère individuel et ne peut être étendue intégralement aux inactifs.
La question ici est de savoir si la modification via arrêté pour le score minimum a substantiellement modifié la nature de la GDASS pour qu’elle soit considérée comme une gratification générale. Pour la ministre, la réponse est non.
Impacts et Prochaines Étapes du Jugement
Le vote de la ministre Cármen Lúcia représente une position qui pourrait avoir de vastes conséquences. Si la majorité des ministres suivent sa compréhension, les fonctionnaires de l’INSS retraités continueront de recevoir la GDASS sur la base des critères établis pour les inactifs, et non sur le score maximal ou modifié par les arrêtés pour les actifs. Cela signifie que l’espoir de nombreux retraités de recevoir la gratification dans son intégralité, selon les modalités du score appliqué aux actifs, pourrait être déçu.
Ce jugement en Plénière Virtuelle se poursuivra jusqu’à la date de clôture prévue. Les autres ministres auront l’occasion de suivre le vote de la ministre, de présenter des divergences ou de demander une mise en évidence pour que l’affaire soit jugée en personne. La décision finale définira un précédent important pour l’interprétation des gratifications de performance et l’extension de la parité aux fonctionnaires d’autres carrières.
Les cabinets d’avocats spécialisés en droit de la sécurité sociale et des fonctionnaires suivent de près ce dénouement, car il aura un impact direct sur les actions en justice et la planification financière de milliers de retraités. Il est essentiel que les fonctionnaires inactifs restent informés et consultent des professionnels du domaine pour comprendre comment la décision finale du STF pourrait affecter leurs droits.